Une journée particulière dans la vie de Françoise

This September issue brings a day in the life of Francoise Wallig and focuses on how she and her partner enjoy the grandchildren when they visit Aegina; how they create traditions that in turn will become positive memories of Aegina when the children grow up. To translate into any other language, right click on the article and select translate. Happy reading!!

J’ai toujours rêvé d’habiter la petite maison rose et turquoise face au minuscule théâtre du port d’Egine, tout à côté de la cathédrale cachée au cœur du village.

Les autres adoraient tous Hydra et ses belles maisons d’armateurs, l’île choisie par Leonard Cohen, le port, « joyau du Golfe Saronique »… moi, j’aimais déjà Egine, charmante au premier regard, active, inattendue et si authentiquement grecque à mes yeux.

Familles bourgeoises d’Athènes en villégiature, cultivateurs de pistaches, pêcheurs, poètes, sculpteurs, commerçants, potiers… comment distinguer l’un de l’autre dans cette île où le quotidien est fluide et la vie sociale sans chichis ou désir de « paraître » … tout devient alors affaire de temps ralenti et de rencontres.

Le toit de la petite maison s’est écroulé – elle n’a jamais été vendue à quiconque – et mon rêve s’est réalisé ailleurs, mieux :  depuis 4 ans, je vis à Paris et à Egine, non loin du port, au milieu des pistachiers, à 300m de la mer …

Trois fois par an environ, une journée merveilleuse se répète. Elle est sur le fond semblable aux autres mais je l’apprécie différemment : nos petits enfants arrivent !

« Chouette, c’est Georges qui amarre le ferry ! » A la descente, ils lui font un coucou timide… depuis qu’ils lui ont demandé – comme à une rockstar – une photo avec eux, il les reconnaît.

Puis, nous allons tous allumer une bougie à la petite chapelle St Nicolas des Marins, un « porte bonheur », avant de filer déguster des brochettes de porc grillé, pita, tzatziki sous la tonnelle de la  ruelle piétonne… partis de Paris à 6h00, il est 13h00 et nous avons faim.

En août, l’air est très chaud et, comme chaque après-midi, nous rejoignons rapidement la maison pour y trouver de la fraîcheur. Les cigales chantent fort, une légère brise agite les bougainvillées, les pistachiers et les délicates fleurs bleues des envahissants plumbagos…

En attendant d’aller à la plage, les enfants vérifient que tout ce qu’ils aiment est bien en place : l’herbier des fleurs de l’île alimenté par les randonnées sur les sentiers entretenus par l’Association des citoyens actifs d’Egine, les aquarelles de paysages réalisées avec Pascaline lors de ses ateliers du samedi pour petits et grands, les livres de mythologie illustrée, la marque de leur taille sur le mur…

« On pourra aller passer une journée à Athènes comme la dernière fois ? et aller au temple d’Aphaia pour la nuit de la pleine lune ? »

Passée l’heure de la sieste, durant laquelle je traite mes mails professionnels, ils font le tour du jardin en guettant Aleko, notre cher voisin de 84 ans… fils de pêcheur, ancien commandant de cargo, il a navigué sur toutes les mers du monde et parle grec, anglais, français, un peu italien… comme pas mal de gens dans l’île.

« Vous comprenez, un bateau a été bloqué 1 an et demi au Sénégal et il y a eu un procès… je représentais l’armateur donc j’ai appris le français mais je suis désolé, je parle très mal, j’ai oublié… bienvenue les enfants ! » et par-dessus le grillage qui sépare notre jardin du sien, il nous donne tomates, concombres, raisins, figues … de notre côté, nous l’approvisionnons en vins blancs français bien choisis.

Nous prenons presque chaque jour le café avec lui sur la terrasse nord de la maison qui donne sur sa propriété et il nous raconte plein d’histoires. Il lit beaucoup, crée des machines à tout faire et travaille avec acharnement dans ses deux grands jardins. Sa femme, Assimina, ancienne directrice d’école, est discrète et très active. « Elle consomme autant d’essence qu’un Boeing pour son scooter… mais elle est libre de faire ce qu’elle veut, non ? » ; ils sont inséparables.

En fin d’après-midi, quand l’air devient doux et la lumière dorée, nous nous dirigeons vers une des plages de l’île en suivant la petite route côtière. Jamais d’embouteillages ici ; nous sommes « entre nous », il y a peu de touristes et suffisamment de plages ou de rochers pour changer souvent de lieu.

Personne ne se lasse de la fin du jour avec à l’horizon Angistri, la presqu’île de Methana, l’îlot de Moni et au loin le Péloponnèse. Dans l’eau, tout le monde « prend son bain » plus qu’il ne nage, joue, discute et profite du coucher du soleil chaque jour exceptionnel. Il est déjà 21h00.

Que ferons-nous le soir ? Il faudra bien choisir … dîner avec les amis dans une taverne de bord de mer pendant que tous les enfants s’amusent entre eux, voir un film français au cinéma de plein air, entendre un concert de musique classique pendant le Festival du mois d’août ou simplement arpenter le port fermé aux voitures et forcément y croiser des copains.

Le soir ou plutôt au creux de la nuit, à notre retour à la maison, les enfants nous demanderont de dormir avec eux sur la terrasse découpée dans le toit.

« Allez ! s’il vous plaît ! venez avec nous, on dort ensemble en haut et on regarde les étoiles filantes… »

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